web agency
testata
  Home   La Comunità   Approfondimenti   Contatto   Contributi   Español   Nederlands   Français  
Home arrow Vita delle missioni in Africa arrow Dans la pénombre d’une église
Menù principale
Home
Chi siamo
Dove operiamo
Le nostre missioni
Notizie dal Paraguay
Scrivici
Archivio Ultime Notizie
Attività
Parrocchia di Ypacaraí
Centro Studi
Pubblicazioni
Vita delle missioni in Africa
Focus Belgio/Olanda
Testimoni dal Nord Europa
Canti
Riflessioni
Conoscere la vita consacrata
Comprendere il Diritto Canonico
Animazione missionaria
Appuntamenti
Approfondimenti
Missiologia per tutti
Appunti di Spiritualità
Interviste
Profili missionari e spirituali
Gruppi missionari e parrocchie
Solidarietà e microprogetti
Il giornale "Missione Rh"
Galleria Fotografica
Articoli correlati
Utilità
Links
Cerca nel sito
Mappa del sito
login

Gli articoli che appaiono
su questo sito
possono essere riprodotti
solo integralmente e
citando la fonte
 www.missionerh.it.

 
fotobannnerit5.jpg

| Stampa |

 

DANS LA PÉNOMBRE D'UNE ÉGLISE


J'ai pris un peu de temps, ce dimanche, pour faire le tour de quelques églises en ville à l'heure de la célébration eucharistique. Je connaissais juste un tout petit peu la situation de l'Église en Belgique pour ne pas m'étonner de la rareté des fidèles qui y participaient.

Encore faut-il ajouter, des fidèles presque tous du troisième âge, avec quelques enfants et deux ou trois jeunes.

Rien à voir, ai-je pensé, avec les somptueuses liturgies dans les paroisses camerounaises, pleines de couleur et pétillantes de vie, où les fidèles participent avec leur voix, bien sûr, mais aussi avec leurs mains, leurs pieds, tout leur corps, par les chants, par la danse, par les processions.

Et des églises pleines à craquer, où les gens se serrent l'un l'autre pour faire place à tout le monde. Et il en reste dehors qui, sous un soleil de plomb, suivent la célébration et essayent de voir...

Voir aussi la danse de la chorale qui accompagne les chants et la musique, avec la multitude des gestes qui veulent exprimer la participation de toute la personne.

La prière et la supplication au Seigneur s'accompagnent avec les mains qui se tendent et s'ouvrent pour accueillir sa miséricorde. La joie et le chant de gloria explosent dans les cris de jubilation et dans les bibui - des touffes de fibres de raphia - qui voltigent et dessinent en l'air une fête de mouvements, synchronisés, scandés, ondoyant à l'unisson.

Rien à voir, disais-je, avec les liturgies dans les églises que je visitais ce dimanche en ville.

Rien à voir? Pas tout à fait, lorsque le souvenir de l'Église en Belgique, il y a seulement quelques dizaines d'années, revient à la mémoire.

Sociologiquement très "vivante", l'Église belge occupait, avec son poids spirituel, matériel et moral, tout l'espace publique.

Ses liturgies - différentes bien sûr selon le génie de sa culture - étaient aussi somptueuses que celles d'Afrique.

Par ailleurs, lorsqu'on voit certaines traditions qui sont restées vivantes jusqu'aujourd'hui, on l'imagine facilement.

Et puis, la sécularisation aidant et la fonction de suppléance de l'Église prenant fin à cause de l'émergence de structures et de services étatiques modernes, on s'est retrouvé avec des églises et des séminaires vides.

"Et si demain les églises en Afrique devenaient comme celles en Belgique?". C'est une question qu'on peut légitimement se poser.

Il ne faut pas faire un grand effort pour l'imaginer, non seulement lorsqu'on réfléchit sur l'histoire de l'Église dans les pays d'ancienne chrétienté, mais aussi lorsqu'on jette un regard sur l'histoire de l'Église au Cameroun.

Ce n'est déjà plus le temps "héroïque" où les fidèles parcouraient souvent des centaines de km à pied pour participer à la messe des grandes fêtes à Mvolyé, l'église-mère de Yaoundé.

Aujourd'hui, quelqu'un qui est à deux ou trois km de l'église, te dit qu'il est déjà trop loin pour venir le dimanche. Ou tel autre qui justifie son absence par le fait qu'il ne voit plus très bien... Mais n'était-il pas, lui, le jour avant à un deuil dans ce village à une vingtaine de km, parcourus à pied, bien sûr!

Ce n'est pas non plus le temps où Mgr Vogt, alors évêque de Yaoundé, pouvait noter dans son journal qu'à Noël de cette année-là (1933), à Mvolyé, il y avait eu à la messe de minuit et à celle du jour environ dix mille communions!

L'histoire de l'évangélisation de la population de nos paroisses au Cameroun est commune à toute la province du Centre. Elle est caractérisée par le "miracle camerounais" de la conversion des Bëti, qui s'est produite de manière foudroyante en l'espace de trente ans (1901-1931). De la dizaine d'écoliers baptisés en 1901, on passe, en trente ans, à 136.000 baptisés et 72.000 catéchumènes, pour enfin arriver, en 1943, à 400.000 baptisés, l'ensemble de la population bëti.

Le rôle de l'école fut décisif pour le succès de la mission catholique au Cameroun central. De l'école sortirent de fortes personnalités éduquées dans la foi catholique qui jouèrent un rôle majeur dans l'évolution de la société traditionnelle et dans l'expansion du christianisme. Elles devinrent ces élites et ces cadres qui préparèrent et furent des protagonistes du "temps des indépendances".

En l'espace d'une génération, les élites et les cadres sont devenus, selon le prof. Laburthe-Tolra, le plus grand connaisseur de la société bëti, rien qu'une classe d'affairistes, agnostique et athée[1].

Sûrement aujourd'hui les statistiques continuent de nous montrer une Église en croissance, pleine de vitalité, avec des séminaires et des maisons religieuses débordants.

Mais gare aux illusions et aux triomphalismes faciles, lorsqu'on se délecte à considérer les chiffres, avec une vision purement sociologique du christianisme qui est destinée, un jour ou l'autre, à s'écrouler.

La foule qui remplit les églises (qui restent, en dehors des célébrations, désespérément vides!) ou les masses de chrétiens qui défilent dans les processions pourraient nous leurrer sur l'existence d'espaces chrétiens acquis une fois pour toutes.

La désillusion pourrait nous surprendre sans pitié, lorsqu'on s'aperçoit comment dans les moments décisifs de crise et de choix, les rapports de nature, de sang, de clan ne tardent pas à reprendre le dessus sur ceux de la grâce, sur le courage et la liberté évangéliques, sur la fidélité à l'Église et qu'au fond le christianisme, comme de l'huile sur l'eau, n'a pas pénétré la culture ni les mœurs.

Finalement, en regardant ce dimanche, dans ces églises belges, les rares fidèles qui participaient à l'Eucharistie, je me suis répété, comme écrivait Emilio, que ce n'est ni aux foules qui remplissent les églises en Afriques ni à celles qui envahissent de temps à autre les places ou les stades en Europe qu'il faut regarder, mais vers la simplicité et la pauvreté de ceux qui se retrouvent, peut-être seuls dans la pénombre d'une église, devant le Seigneur qui nous pose, à chacun, la question fondamentale sur le sens de notre vie[2].

Giuseppe Di Salvatore



[1] Cf. Ph. Laburthe-Tolra, Vers la Lumière? ou le Désir de Ariel. A propos des Beti du Cameroun. Sociologie de la conversion, Editions Karthala, Paris 1999, 484.
[2] Cf. E. Grasso, La crisi della nostra fede, in "Missione Rh" n. 89 (2009) 1.

06/03/2010

 
< Prec.   Pros. >
Sito della Comunità missionaria Redemptor hominis. Realtà ecclesiale fondata a Roma da don Emilio Grasso alla fine degli anni '60
web agency